Classement par auteur

dimanche 18 octobre 2015

Lauren Weisberger - Le diable s'habille en Prada - 2005

Livre lu en version numérique à Puerto Natales, Chili, mars 2014

* Présentation de l'éditeur :
Andrea n'en revient pas : même avec ses fringues dépareillées, elle l'a décroché, ce job de rêve. La jeune femme de vingt-trois ans va enfin intégrer la rédaction de Runway, prestigieux magazine de mode new-yorkais ! Et devenir l'assistante personnelle de la rédactrice en chef, la papesse du bon goût, la dénommée Miranda Priestly. Une chance inouïe pour Andrea : des milliers d'autres filles se damneraient pour être à sa place ! Mais derrière les strass et les paillettes de cette usine à rêves se cache un enfer peuplé de talons aiguilles et de langues de vipère. Leurs raisons de vivre ? Répondre à TOUTES les angoisses existentielles de la déesse Miranda. Justement, cette dernière vient de trouver une nouvelle victime de la mode : " An-dre-ââ "...

* Mon avis :
J'ai longtemps hésité avant de sortir ce livre de la bibliothèque de la petite pension où nous logions alors. J'avais déjà sur le feu Au nom de la rose d'Umberto Eco et La Terre de Zola et ce n'était vraiment pas raisonnable de commencer un troisième livre. Je me suis décidée, arguant du fait que nous nous reposions ces jours-ci et que j'avais donc le temps de le lire en moins de deux jours (ce qui fut chose faite). Et puis, au milieu de ces deux livres denses, un peu de futilité était bienvenu. Je gardais un souvenir confus du film mais je me souvenais l'avoir apprécié. Je pensais donc trouver une histoire simple et rigolote, teintée de glamour. Divertissante en somme. Si les tenues et sacs à mains à plusieurs milliers de dollars sont bien présents comme je l'avais espéré, l'histoire est terriblement creuse. Les chapitres sont des successions de tâches toutes plus ubuesques les unes que les autres que la pauvre Andrea doit s'acquitter pour satisfaire sa patronne tyrannique. On sourit un peu au début mais très vite on se lasse. J'en suis même venue à détester Andrea alors que la lectrice est supposée la plaindre. Je la trouvais tellement fade et mièvre ! C'est dommage car cette histoire aurait pu être drôlement mieux conduite par l'auteur !

lundi 12 octobre 2015

Emile Zola - La Terre - 1887

Livre lu en version numérique pendant les neuf jours du trek 
"Torres del Paine"
Patagonie chilienne 

* Présentation de l'éditeur :
De retour de la bataille de Solférino, le Provençal Jean Macquart s'est installé dans un village de la Beauce où il est devenu le valet du fermier Hourdequin. Mais quoiqu'il s'éprenne bientôt de Françoise, la nièce du vieux père Fouan, Jean reste ici un étranger à la communauté villageoise : car le vrai drame qui va se jouer est celui de la terre que Louis Fouan a décidé de partager entre ses trois enfants.

* Mon avis :
La Terre est l'un des derniers ouvrages de la série des Rougon-Macquart. L'histoire s'intéresse ici à Jean Macquart, le frère de Gervaise de L'Assommoir. Après la bataille de Solférino, il se retrouve par hasard en Beauce, où il abandonne son métier de menuisier pour devenir ouvrier agricole, par amour de la terre. Jean est finalement un personnage secondaire du livre car c'est tout le village de Rognes, et surtout la famille Fouan, qui se racontent au lecteur. On découvre la rude vie des paysans, rythmée par les travaux des champs et la crainte des mauvaises récoltes. Les passions qui unissent les simples, allant de l'amour à  la haine, régissent les liens entre les hommes. L'appât du gain et de la propriété foncière transforment les habitants de ce village au point qu'ils agissent avec de plus en plus de brutalité et de bestialité. Tromperies et sournoiseries deviennent le lot quotidien et la dureté des événements s'accroît au fil des années. La responsable, c'est la terre, aimée passionnément comme on aime une maîtresse. C'est un livre passionnant, riche, à l'écriture très belle. Mais c'est un livre dur et poignant, parmi les plus durs de la série.

mercredi 30 septembre 2015

Annie Barrows - Le secret de la manufacture de chaussettes Inusables - 2015

* Présentation de l'éditeur :
Layla Beck, une jeune citadine fortunée, fille d'un puissant sénateur du Delaware, refuse d'épouser le riche parti que son père a choisi pour elle et se voit contrainte d'accepter un emploi de rédactrice au sein d'une agence gouvernementale. Elle n'a jamais travaillé de sa vie, mais en ces temps de grande dépression, nécessité fait loi. Sa mission : se rendre dans la petite ville de Macedonia, interroger ses habitants hauts en couleur, et rédiger l'histoire de cette ville sur le point de célébrer le cent-cinquantenaire de sa fondation. Elle prend pension chez les Romeyn, des excentriques désargentés, autrefois propriétaires d'une grande fabrique de chaussettes et autres articles de bonneterie – Les Inusables Américaines – qui a été ravagée par un incendie plusieurs années auparavant. Ce drame, qui a coûté la vie au grand amour de Jottie Romeyn, reste gravé dans les mémoires et suscite encore bien des questions. Ce même été, Willa Romeyn, douze ans, grande admiratrice de Sherlock Holmes, décide de tourner le dos à l'enfance et d'utiliser ses dons de déduction pour percer les mystères qui semblent entourer sa famille. De question en réponse, de soupçon en révélation, Layla et Willa vont bouleverser le cours des choses, changer profondément et à jamais l'existence de tous les membres de leur petite communauté, et mettre au jour vérités enfouies et blessures mal cicatrisées.

* Mon avis :
En deux mots : DÉCEPTION et ENNUI. 

- Déception :
J'avais beaucoup aimé le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, lu seulement quelques semaines avant d'ouvrir ce blog il y a cinq ans. C'était un roman facile d'accès, intéressant, sans chichi. Lorsque j'ai repéré le nouvel ouvrage de l'auteur, je me suis dit qu'il pouvait tout à fait correspondre à je recherchais en cette fin août, à savoir un livre de vacances, vite lu. Sauf que j'ai mis un mois et demi pour le lire. Non pas parce qu'il est compliqué, pas du tout ! J'ai mis un mois et demi à le lire car il a généré chez moi un profond...

- Ennui : 
C'est simple, il ne se passe rien. Nada. Les héroïnes souffrent de la chaleur pendant 622 pages et c'est finalement la seule chose que j'ai ressenti, comme l'impression d'être moi-même sous une chape plomb pendant un temps qui s'étire en longueur. Ne cherchez pas des mystères inextricables comme on pourrait le penser à la lecture de la quatrième de couverture. On comprend très vite l'origine du fameux drame. Les personnages sont sans intérêt, au pire irritants, surtout quand c'est l'héroïne de douze ans, Willa, qui raconte. En effet, on alterne entre un récit provenant d'un narrateur extérieur à l'histoire et un récit écrit à la première personne du singulier. Parfois, il s'agit de raconter la même scène. Pour ne rien apporter à l'histoire. C'est déstabilisant et tout sauf fluide.

J'ai clairement eu le sentiment de perdre mon temps avec ce livre que je regrette d'avoir acheté !

mardi 8 septembre 2015

Umberto Eco - Le nom de la rose - 1982

Livre lu en Patagonie argentine
Février 2014

* Présentation de l'éditeur :
Rien ne va plus dans la chrétienté. Rebelles à toute autorité, des bandes d'hérétiques sillonnent les royaumes et servent à leur insu le jeu impitoyable des pouvoirs. En arrivant dans le havre de sérénité et de neutralité qu'est l'abbaye située entre Provence et Ligurie, en l'an de grâce et de disgrâce 1327, l'ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville, accompagné de son secrétaire, se voit prié par l'abbé de découvrir qui a poussé un des moines à se fracasser les os au pied des vénérables murailles. Crimes, stupre, vice, hérésie, tout va alors advenir en l'espace de sept jours.

* Mon avis :
Le Nom de la Rose est incontestablement un grand roman. Mais c'est un roman complexe, dense et parfois difficile  à lire. L'intrigue est double. D'une part, Guillaume, mandaté par l'empereur, est chargé de préparer une rencontre de première importance entre moines bénédictins et moines franciscains. Ces deux congrégations sont en effet au cœur d'un débat théologique au sujet de la pauvreté du Christ. Afin d'apaiser les tensions et d'éviter un schisme, leurs représentants vont se rencontrer dans cette abbaye du Nord de l'Italie. Malheureusement, cette abbaye est loin d'être le lieu idéal pour accueillir les délégations. Un mystérieux meurtrier frappe en effet le saint lieu. En tant qu'ancien inquisiteur, Guillaume est chargé de l'enquête, aidé de son jeune secrétaire, le novice bénédictin Adso, le narrateur. Ainsi, tous les chapitres relatifs au débat théologique et à la rencontre entre les deux délégations m'ont ennuyée. J'ai bien saisi l'intérêt de leur discorde mais les dialogues sont trop longs et complexes. Le vocabulaire employé est tellement précis que j'ai passé mon temps à chercher des mots dans le dictionnaire (plusieurs fois par page, c'est pour dire !). De même, les différents personnages emploient régulièrement le latin pour communiquer, parfois même pendant des paragraphes entiers, et il n'y a aucune traduction ! C'est très pénible ! Le fait qu'il y ait beaucoup de moines n'aide pas non plus à la compréhension des évènements et j'ai dû prendre des notes sur chacun des personnages. Malgré tout, si cet aspect complexe peut dérouter et donner l'envie d'abandonner la lecture, il peut aussi stimuler l'esprit et je dois dire que j'ai apprécié me cultiver dans ce domaine très obscur pour moi qu'est la théologie ! Mais le hic, c'est qu'il faut être très concentré pour lire ce roman. C'est pourquoi je l'ai lu en parallèle d'autres livres plus simples à lire ! L'autre aspect de l'histoire, l'enquête en tant que telle, m'a passionnée. Toutes les énigmes, le côté secret de la bibliothèque, les morts qui s'enchaînent selon les verset de l'Apocalypse de Jean... C'est passionnant ! Et il faut dire aussi que la personnalité de Guillaume, si charismatique, y est pour beaucoup. C'est un homme cultivé, moderne, en avance sur son temps : il porte des lunettes, utilise une boussole... Les rapports qu'il entretient avec Adso ne sont pas sans rappeler ceux qu'entretient le grand Sherlock Holmes avec Watson ! Je suis ravie d'avoir lu ce livre, j'ai vraiment le sentiment d'avoir appris des choses en le lisant, mais je suis aussi soulagée de l'avoir terminée !

Harlan Coben - A découvert - 2012

Livre lu à Punta Arenas ( Patagonie Chilienne)
Février 2014

* Présentation de l'éditeur :
Mickey est en colère. Des événements tragiques l'obligent à vivre temporairement chez son oncle Myron, qu'il croit au moins en partie responsable de sa situation. En plus, Ashley, sa nouvelle petite amie, n'est pas venue en cours depuis des jours et ne donne plus signe de vie. Pire, à l'adresse où elle habitait personne ne semble la connaître. Mickey, qui a déjà vécu trop de séparations douloureuses, refuse de se laisser faire encore une fois. Il découvre bientôt qu'Ashley n'était pas vraiment la jeune fille timide dont il était tombé amoureux et qu'elle fréquentait un milieux dangereux. Mais, comme son oncle, il est tenace et peu regardant sur sa propre sécurité, jusqu'au moment où ses recherches ébranlent tout ce qu'il croyait savoir sur sa famille et mettent au jour une machination qui dépasse de loin tout ce qu'il pouvait imaginer. Mickey va avoir besoin d'aide... mais n'est-il pas déjà trop tard ?

* Mon avis : 
J'étais plutôt contente de me plonger dans un livre d'Harlan Coben, car mon ami Jérôme m'en avait dit le plus grand bien. Mais ce n'est pas avec A découvert que j'ai pleinement découvert ce maître du suspens car il s'agit d'un roman pour adolescents. Dans le genre, je dois dire que ce livre répond à ses promesses et qu'il doit être apprécié par le lectorat visé. Tout y est : le lycée américain, les pom-pom girls et les joueurs de basket, le geek, la rebelle gothique et le héros à l'écart des clans et qui a des problèmes familiaux. Les vrais clichés d'un téléfilm pour adolescents en somme ! Alors forcément, je l'ai lu avec détachement (en trois heures), sans porter un regard critique trop poussé. Mais je dois dire que je suis curieuse de la tournure historique que prend le livre sur la fin et qui amorce le tome 2... au point de le lire ?! Je ne sais pas ! Peut-être si je le trouve en bibliothèque !

mercredi 26 août 2015

Ken Follett - Les piliers de la terre - 1989

* Présentation de l'éditeur :
Dans l'Angleterre du XIIe siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent chacun à leur manière pour s'assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l'amour, ou simplement de quoi survivre. Les batailles sont féroces, les hasards prodigieux, la nature cruelle. Les fresques se peignent à coups d'épée, les destins se taillent à coups de hache et les cathédrales se bâtissent à coups de miracles... et de saintes ruses. La haine règne, mais l'amour aussi, malmené constamment, blessé parfois, mais vainqueur enfin quand un Dieu, à la vérité souvent trop distrait, consent à se laisser toucher par la foi des hommes.

* Mon avis :
Enfin ! 
Enfin j'ai lu Les piliers de la terre ! 
Vous savez sûrement que j'ai déjà lu plusieurs livres de Ken Follett, 5 précisément. J'attends d'ailleurs avec impatience d'attaquer le tome 3 du Siècle. Nous avons Les piliers de la terre depuis plus de cinq ans dans la bibliothèque. Pourquoi alors avoir attendu aussi longtemps pour le lire me direz-vous ? En fait, je voulais trouver le moment propice pour m'y atteler. C'est un gros pavé de plus de mille pages (et c'est écrit tout petit !). Je voulais avoir le temps de le savourer, de ne pas être obligée de le refermer pour vaquer à mes occupations quotidiennes. Il me fallait donc des vacances. Et pas n'importe lesquelles puisque c'est en voyage de noces que j'ai choisi de le lire. C'est donc à la faveur des soirées en camping, souvent à la lampe frontale, que j'ai savouré cette grande saga médiévale.

J'ai été déstabilisée pendant les premiers chapitres. J'avais en effet l'impression de lire un "copié-collé" d'Un monde sans fin. Il faut dire que ce n'est pas très judicieux de ma part d'avoir lu en premier la suite des Piliers !! Je le savais à l'époque mais je ne pensais pas que les deux livres seraient à ce point semblables. Ken Follett utilise toujours le même modèle pour construire ses intrigues et tous ses personnages se ressemblent d'un livre à l'autre. 

Et puis, petit à petit, je me suis laissée prendre par l'intrigue. Les destins des personnages sont romanesques, les coups du sort nombreux. La violence et l'amour, la haine et la passion rythment les vies de tous, du plus humble travailleur au puissant seigneur. Les personnages sont un peu stéréotypés et j'aurai préféré un peu plus de nuance dans les caractères. Parfois le malheur s'abat un peu trop souvent sur les héros. Le monde de Ken Follett est trop manichéen. Le Moyen-Age était certes une période troublée mais attention à ne pas tomber dans l'excès et les clichés !

Malgré tout, j'ai pris plaisir à dérouler le fil de cette saga, à suivre la vie sur le long terme des héros. Des sauts dans le temps ont lieu, c'est nécessaire, mais les choix des ellipses interpellent. Il y a par exemple un moment où l'héroïne est sans le sou et hop, la page suivante, quelques années plus tard, elle est riche ! Un petit paragraphe résume comment elle a gagné tout cet argent. A l'inverse, la mise à mort d'un ours par des chiens lors d'une foire est décrite pendant trois pages, sans que cela n'apporte rien à l'intrigue.

Ce qui m'a surtout plu dans Les piliers, c'est d'en apprendre plus sur la vie quotidienne au XIIe siècle, notamment dans les monastères. Pour cela, le roman est très instructif. La construction de la cathédrale, au cœur de l'histoire, est passionnante, au point que la cathédrale peut elle-même être perçue comme un personnage du livre !

lundi 17 août 2015

Jim Fergus - Mille femmes blanches - 2000

* Présentation de l'éditeur :
En 1874, à Washington, le président américain Grant accepte dans le plus grand secret la proposition incroyable du chef indien Little Wolf : troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l'intégration du périple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart des "Mille femmes" viennent en réalité des pénitenciers et des asiles de tous les États-Unis d'Amérique... Parvenue dans les contrées reculées du Nebraska, l'une d'entre elles, May Dodd, apprend alors sa nouvelle vie de squaw et les rites inconnus des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l'alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, May Dodd assiste alors à la lente agonie de soi, peuple d'adoption...

* Mon avis :
 Cela fait trois ans que j'ai lu Marie-Blanche de Jim Fergus. Je me souviens avoir été séduite par son style et par le schéma narratif (l'auteur retraçait la vie de sa mère et de sa grand-mère en entrelaçant leurs deux destins). Lorsque j'ai publié ma chronique de blog à l'époque plusieurs personnes m'ont signalé que le best-seller de Jim Fergus c'est Mille femmes blanches. Les mois et les années ont passé mais j'ai toujours gardé ce conseil dans un coin de ma tête... jusqu'à ce que je le mette enfin en application ces dernières semaines !

J'ai mis bien plus de temps que prévu pour le lire, bien qu'il se lise très facilement. Le mois de juillet 2015 a en effet été très chargé pour moi ! C'est mon petit regret par rapport à ce livre : ne pas l'avoir lu d'une traite, afin de m'imprégner pleinement de l'ambiance.

Et quelle ambiance ! C'est une véritable plongée dans le far-west de la deuxième moitié du XIXe siècle. Loin des images véhiculées par les westerns et les poncifs de jeu "cowboys face aux Indiens", on découvre une société, celle des Cheyennes, aux codes moraux remarquables, en osmose avec la nature. Ceux qui sont qualifiés de "sauvages" sont en réalité extrêmement respectueux. 

Cette histoire nous est racontée par May Dodd. Fille de bonne famille, elle a outré son père en vivant avec un ouvrier qui lui a donné deux enfants. Pour la punir ses parents l'envoient dans un asile. Là, après plusieurs années d'enfer psychologique, elle se porte volontaire pour un programme complètement dément : épouser, avec 999 autres femmes blanches, des Indiens Cheyennes. Ce projet est l'initiative du président lui-même, afin de favoriser l'intégration des Indiens. May va donc partir avec d'autres femmes, aliénées comme elle, détenues de droit commun, mais aussi aventurières, vers l'ouest, dans un voyage vers un autre monde.

May consigne tous les détails de sa nouvelle vie dans des carnets qui constituent ce livre. Comme il s'agit d'un journal intime, on apprend très vite à connaître l'héroïne. Courageuse, drôle, osée, elle s'adapte tant bien que mal à sa nouvelle condition de troisième épouse du chef Little Wolf. Ses nouvelles amies nous sont de plus en plus familières.

Ce récit est une fiction mais il sonne terriblement vrai et éclaire sur les traitements infligés aux Indiens par les blancs. Expropriations, ravages de l'alcool, enfermement de force dans les réserves... L'histoire n'est pas glorieuse et même particulièrement honteuse pour les États-Unis.

J'ai refermé ce livre émue par le destin de May mais surtout enrichie historiquement et sensibilisée au sort des Indiens d'Amérique. Au delà d'être un roman bien écrit et trépidant, il s'agit d'un livre très instructif. Effectivement, il a une portée bien plus grande que Marie-Blanche !